Au-delà du métier de webmestre commence le concept de cybermedium.
Cybermedium, cela serait une manière d'envisager le web - par extension le monde numérique et son réseau - ainsi qu'une manière de le partager.
Cybermedium est composé de [cyber] et de [medium], et chaque partie se réfère à deux définitions.
Cyber (le virtuel)
Le terme [cyber] c'est aujourd'hui la particule qui, placée devant un nom, désigne l'appartenance au "monde virtuel", dont l'existence réelle n'est qu'un support électronique. Cette particule permet parfois de faire la différence entre un objet dit virtuel et son alter ego réel (cyberespace, cyberpétition, cyberaction, cyberdélinquant, etc.). Le premier des mots composés avec cyber semble être "cyberpunk", terme avec lequel un éditeur du Asimov's Science Fiction Magazine qualifiait le style de l'œuvre de l'écrivain William Gibson, et plus particulièrement de son roman Neuromancien (1984). Cyber a souvent une connotation SF et ne projette pas une image forcément lumineuse de l'avenir.
Cyber (la cybernétique)
Le terme [cyber] se rattache aussi à la cybernétique. Discipline particulièrement géniale formalisée par le mathématicien Norbert Wiener en 1947.
« La cybernétique, explique-t-il, est une modélisation de l'échange, par l'étude de l'information et des principes d'interaction. Elle peut ainsi être définie comme la science des systèmes autorégulés, qui ne s'intéresse pas aux composantes, mais à leurs interactions, où seul est pris en compte leur comportement global. »
La cybernétique est un mouvement largement interdisciplinaire qui recouvre des domaines aussi variés que l'ingénierie, la biologie, la sociologie, l'économie. Elle permet - dans une certaine mesure - de prévoir les comportements d'un système sans avoir besoin de comprendre son fonctionnement interne. Qu'est-ce qu'un système ? Un ensemble d'objets ou de concepts qui forment une entité en interaction avec son environnement. Internet, par exemple, est un système composé de nombreux sous-systèmes. De part leurs ordinateurs et objets nomades, les connexions que tissent les humains entre eux forment un système dont le fonctionnement se rapproche de plus en plus de celui de notre cerveau. C'est ce que certains chercheurs nomment le « cerveau global » ou la « noosphère », déjà développée par le visionnaire Teilhard de Chardin.
Medium (de médias)
Le terme [medium], quand il est le singulier de médias, s'employe surtout dans les milieux artistiques, pour désigner un support avec lequel on véhicule la création. Cybermedium prend ici le sens de "medium numérique". Le web lui-même est vu ici comme un medium.
Medium (le communicant)
Le terme [medium] est aussi dans la spiritualité la qualification donnée à une personne qui prétend être sensible (volontairement ou non) aux manifestations qui proviendraient d'une autre dimension, d'un univers "au-delà", non perceptible par les sens communs. Dans cybermedium, cette autre dimension est le monde numérique qui, aux yeux du néophyte, peut être tout aussi incompréhensible et mystérieux qu'un monde de magie.
Précision : rien de paranormal dans les aptitudes supposées d'un cybermedium.
Ainsi [medium] implique une démarche intuitive dans un domaine qui peut nous dépasser car en expansion fulgurante.
Cette accélération est telle que, lorsqu'ils s'interrogent sur l'avenir, certains experts prétendent même que nous approchons du « point de singularité technologique » : au-delà duquel les changements sur la société produiraient l'impossibilité de les appréhender.
Enfin le côté medium exprime la personne qui sert de communicant intermédiaire, ici entre les hommes et le monde numérique. Transposer les idées des hommes sur un support numérique, et vulgariser l'utilisation du réseau pour l'expliquer aux hommes.
>Conclusion
Fort de ces quatre interprétations (le cyber, la cybernétique, les médias, le communicant) le mot cybermedium offre des sens multiples de lecture.
Finalement, cybermedium : cela change quoi au quotidien de webmestre ?
Peu de choses. Par contre le webmestre demeure un acteur particulier du web confronté à ses rouages. La pratique d'un webmestre permet de formuler ce concept, qui devient progressivement une voie pour naviguer dans la « cyberéalité ».