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Réalité augmentée ou imagination diminuée ?

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Il y a quelque temps déjà je tombais sur un billet traitant de "réalité augmentée" (augmented reality), sujet à la mode. Le principe est généralement le suivant : des informations "virtuelles" se superposent à ce que nous voyons dans notre environnement, au moyen le plus souvent de lunettes semi-transparentes qui servent d'écran et dans lesquelles "flotte" l'information par-dessus nos objets du quotidien. Cela donne une "réalité augmentée" dans le sens où l'on peut recevoir des informations complémentaires, invisibles normalement, et tout cela en temps réel. ===la RA pour jouer===

projet SCOPE
Projet SCOPE
Ce qui m'a frappé dans cet article c'est le sujet en exemple : des enfants qui jouent, plus précisément, deux garçons qui s'inventent une bataille avec leurs legos et autres jouets. Les lunettes les assistent dans leurs jeux pour calculer la trajectoire des tirs, compter les points, etc. (Détails dans projet SCOPE par Frantz Lasorne.) Je m'étonne : comme si des enfants avaient besoin d'un système pour créer leur univers ! Voilà, je trouve un champ d'application mal choisi.
===Virtual Earth=== Une autre application de "réalité augmentée", un système à la "google earth" ( english flag Virtual Earth, Microsoft), propose une superposition inversée : le "réel" dans le "cyber". Ainsi le système affiche en incrustation sur la représentation 3D des images ou vidéos, provenant de réseaux sociaux (Flickr...) ou même en temps réel (exemples en seconde partie de vidéo).

[small] english flag Sous-titres disponibles mais pas en français[/small]
Mais il y a un danger : le système n'affichera que les données provenant d'institutions partenaires, ayant conclu un accord commercial. Il faudra faire attention de [b]ne pas[/b] déduire que [i]"si une chose n'est pas dans la cyber-planète, c'est qu'elle n'existe pas !"[/i]. ===Réalité biaisée ?=== Finalement, c'est le terme "réalité augmentée" en lui-même qui me gêne. Comment peut-on "augmenter" la réalité alors que toute une partie [b]nous échappe encore[/b] ? Et n'existe-t-il pas plutôt une "réalité biaisée" si tout le monde voit la réalité "augmentée" de la même façon ? C'est comme les médias, mais en plus puissant car cela peut potentiellement imprégner nos moindres gestes. Imaginons que l'on se balade dans la rue ou dans la nature. Via un système optique, la réalité augmentée nous informerait sur ce que nous regardons :

"Restaurant *sélection Guide du routard* à 100 m, tournez à droite.[[u]menu du jour[/u]][[u]réserver[/u]]"
"Ceci est un érable à sucre [small](Acer saccharum)[/small], on peut en faire du sirop.[[u]recette[/u]][[u]commandez près de chez vous[/u]]"
"Alice a tagué votre mur ![[u]voir[/u]]"
"Vous ne pouvez pas manger ce champignon"
"[publicité]"
"Le feu est rouge, attendez."
bionic ===Pensons-y=== Plus l'homme s'entoure d'objets-béquilles, plus ses capacités propres diminuent peu à peu. S'il est alors projeté dans un environnement sans support externe, il est perdu. Par exemple sans GPS, on perd du temps. Avec un GPS, on perd le sens de l'orientation. A méditer.

Julien Soulier
on Aug. 12 2010 at 08:05 pm GMT

"Extériorisé" ? En tout cas, ça n'en prend pas le chemin. Sans ma la jouer trop littéraire, Louis-Ferdinand Céline disait que la jonction entre le dedans et le dehors était l'angoisse, pour moi - Julien Soulier, écrivain génial du 21e ardt de Paris s'il en existait un dans ma mémoire - au contraire c'est la jouissance.

OK, tout les objets informatiques, ou disons ergonomiques, électroniques, etc. nous confortent à aller dehors - mais ça revient à un autre dedans : la voiture est déjà un prolongement de notre salon et je gage à pile ou pile que 99 % des objets nomades ne font rien d'autre que d'asservir une population - mondiale - à une confusion rendue sciemment (in)consciente à nous prolonger non de nous-mêmes mais de notre télé ou de notre écran. Ce qui est déjà très bien !

Mais qu'on ne vienne pas me parler d'une séparation naturelle entre le dehors et le dedans : en tout cas pas de façon saine pour les gens. Je dois paraître terriblement radical ou pire encore : faire l'apanage des complotistes qui se masturbent en s'embourgeoisant - quand on n'a plus les moyens de dormir sous un pont...

Je voudrais juste dire que cette extériorité est une question sans cesse à redébattre, et que nos convictions (et non les certitudes) se doivent d'être martelées sous le marteau du forgeron. La notion peut bien sûr changer de sens selon les époques et je n'ai rien contre, par contre nous ne pouvons pas nous abstraire de nos propres opinions... Et pour moi, ce jeudi 12 août 2010 à 21 h 14, c'est tout vu, on nous vend de l'extérieur alors que l'intérieur n'est pas encore prêt, ni sollicité pour faire plus simple à ce que j'ose appeler une mutation : appeler les gens à devenir simplement extérieurs ne résoudra en rien leurs problèmes, équations, problématiques et j'en passe à se nourrir en eux-mêmes : de façon "spirituelle", et même organique.

Pour me résumer, je me méfie de ceux qui nous vendent de l'extérieur, alors que bien souvent ça n'est qu'un travestissement de l'intérieur (jeux de mots possibles).

Sans jouer les Cyber-Savonarole - mais tu m'as tendu la perche Alexis - càd sans faire un bûcher de tous nos objets nomades ; Savonarole tu sais ce curé qui prenait son pied à brûler sur la place publique - j'avais écrit "pubique" oh le joli lapsus ! sorry ma psy est en vacances - des tableaux jugés pornographiques, et autres représentations du nu sous l'Inquisition d'un berger malade - et même si la société de consommation nous a transplantés à l'ère de l'Acquisition et ce pour les plus chanceux depuis les années 1960 - je crois sincèrement et c'est d'ailleurs un lieu commun (sorry Gainsbourg est aussi en vacances) que nous n'avons besoin de peronne pour jauger et juger de ce qui nous est extérieur - ou bien alors les gens sont tous méprisables (parce qu'ils s'enfoncent dans une ignorance d'eux-mêmes qui ressemble fortement à une vue de l'esprit sous l'excès d'alcool ou qu'ils sont devenus les éponges du capitalisme - sorry mon radiesthésiste est en congé maladie).

Tout ça pour dire, dans une diatribe qui n'intéressera que toi - et encore ! - tellement c'est décousu (bon faussement je te l'accorde, merci merci) ma réaction, qu'il reste une définition en l'état de l'extériorité à trouver - qui nous soit autant personnelle que mondiale. Mais on me prendra pas au jeu de l'équation dichotomique entre l'extérieur et l'intérieur qui serait d'ailleurs stérile - pour moi comme pour le monde (avec toute ma prétention possible) pour mes voisins ou pour les habitants de ma rue.

Julien Soulier

Mon blog est actif depuis ce soir. Rendez-vous sur www.julien-soulier.com rubrique blog pour débattre plus avant de ce sujet, ou d'un autre, selon votre initiative.

Bonne soirée à tous,

Julien Soulier

 

 

Julien Soulier
on Jul. 24 2010 at 02:47 pm GMT

" "Plus l'homme s'entoure d'objets-béquilles, plus ses capacités propres diminuent peu à peu. S'il est alors projeté dans un environnement sans support externe, il est perdu." "

Est-ce une critique des objets nomades ? Si c'est le cas, même dans son sens le plus générique, et sans nier que nous en sommes encore à leur préhistoire, et que forcément des applications pourront aider nos contemporains comme elles aident déjà, dans leur version prototypesque, certains aveugles ou que le sonotone a des vertus re-socialisantes, je suis d'accord avec le danger dépersonnalisant d'autres objets - ou quand l'objet remplace le sujet.

Depuis que notre société de consommation qui dans sa course effrénée, hébéphrénée même, a rejoint le courant follement aspirateur du trou noir de l'urgence, il m'apparaît déjà obsolète de mentionner le caractère dépersonnalisant de certains processus réduits à des processeurs. (Gageons d'ailleurs que derrière les crépuscules d'une natura dénaturée, on ne parlera plus de professeurs mais bien de processeurs : de mathématiques, de français, etc.)

Il n'est pas question ici d'une critique logicielle à l'égard de la majorité des informaticiens et autres communautés de programmeurs en veille de la réalité déjà menacée avant que d'être menaçante.

Je n'apprends rien à personne nous sommes dans une société aliénante, qui se veut étrangère à nous-mêmes alors même que l'on nous vend de l'ergonomie à qui mieux-mieux. Le pire est que ce paradoxe n'en est plus un. Ecartelés dans la contradiction qui fait de nous les êtres vivants d'aujourd'hui, les fast-foods des âmes ont remplacé l'absinthe qui se dessinait sur l'affiche de la "Fée Verte", autre nom de l'électricité il ya deux siècles - j'y étais j'avais 3 ans.

Avant c'était l'alcool et/ou autres drogues que l'on nommait "excitantes" avant de parler de stupéfiants, aujourd'hui ce sont les ravages du virtuel qui ont remplacé les paradis artificiels. Baudelaire me disait encore il y a quelques jours : "Ils jouiront plus tard de leurs fruits pourris." Qui ça ? Eh ben nous. Tu parles ! Un mec dont le procès s'est terminé en 1958 pour des poèmes qui dénonçaient une pudeur tarée ne pouvait que nous laisser "hygiénisés" (HFT) de partout.

Elle est où la pudeur today quand les milices sentimentales prennent en otage une rame de tram pour gueuler dans un théâtre-minute : "Je te quitte !" Elle est où la no-life : devant mon écran ou bien dans les transports (soi-disant) en commun ?

A ce jour nous n'avons plus rien à craindre de personne car l'autisme est devenu une valeur sociétale : socialisante et banalisée. Sous des chevelures, qui peut encore savoir si la femme en face de moi parle toute seule, dans un délire, ou bien parle, son oreille mordillée par son oreillette avec l'un(e) de ses (dis)semblables ?

La solitude ne saurait demeurer une maladie "honteuse" (slogan 68ard repris par HFT) ; il ne s'est pas passé beaucoup de temps pour que nous perdons pied dans la seulitude, une façon de consacrer l'isolement, la seule liberté qui nous restera bientôt entre deux clics aux chambres vides de nos barillets - bien réels cette fois-ci.

Julien Soulier

http://www.julien-soulier.com

Edited by Alexis Raimbault on Jul. 26 2010 at 07:37 pm GMT

Alexis Raimbault - on Jul. 26 2010 at 07:34 pm GMT
Julien Soulier :

Merci pour cette belle tirade !

" Est-ce une critique des objets nomades ? "


objets nomades dans nos mains aujourd'hui, objets implantés dans nos corps demain, fusion avec nos objets après demain ?

" L’homme du futur sera « extériorisé » ou ne sera pas…
[small]Joël de Rosnay, [u]2020 les scénarios du futur[/u][/small] "

Alexis Raimbault
on Jul. 1 2010 at 07:30 am GMT

Oui, pour Pranav Mistry et son "Sith sens", c'est plutôt "perception augmentée" plutôt que "réalité augmenté". Et effectivement il semble prendre en considération l'effet réducteur sur l'homme qu'impose certaines interfaces actuelles.

"Réalité augmentée" comporte à mon sens une connotation profane : la supérioritée de sainte technologie sur mère nature.
"Social Media Optimization" me semble d'un autre registre, plutôt marketing, comme "webmastering" que j'emploie ici et là...

JJ
on June 28 2010 at 10:48 pm GMT

Moi aussi je suis très réservé sur cette formulation, comme sur d'autres (community management, social media optimizer...). Toutefois, il y a à mon sens de vrais innovations rarement médiatisées, et on retrouvera ces chercheurs là dans quelques années, j'en doute pas : http://www.plurial.pro/article...vanche-du-corps

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